Viens risque. A toi, je m'expose! (Securibourse)

par Graham ⌂ @, Luxeuil les Bains, vendredi 09 février 2018, 10:04 (il y a 162 jours) @ pasca711
édité par Graham, vendredi 09 février 2018, 10:10

Bonjour Pasca,

J'ai été assez marqué par la crise de 2008. J'avais été convaincu par les arguments de Labadie très tôt. Mais alors, j'ai décidé de rester investi. -50%, cela laisse des traces bien que je me sois plus que refait depuis. Au final, si on veut être rationnel, je pense que j'ai bien fait. Plus tard, j'avais souvent de "bonnes raisons" de sortir et je ne l'ai pas fait. Je n'aurais pas bénéficié des effets de la tendance.

Aujourd'hui, mon instinct, plus que ma raison, me dicte qu'on est très proche d'une période de basculement. Je ne sais absolument pas si elle surviendra. Bref, je deviens méfiant. Ma vigilance s'aiguise. Que risque-t-on? Quoi faire? Faut-il faire?

Très dur de décider. Pour ma part, je pense que l'on se dirige vers une crise sans précédent depuis plus d'un siècle. Je le pense depuis plus de dix ans. Je m'en persuade au fur et à mesure des années de plus en plus. Mais ce n'est pas moi qui décide de cette crise. C'est le consensus moral de tous les acteurs. On peut très bien continuer encore assez longtemps, comme on l'a fait depuis 2008, puisqu'à mon avis aucune leçon n'a été tirée et qu'au contraire nos solutions sont pires et bien plus pernicieuses bien qu'elles aient atténué la douleur des maux ressentis. J'ai crû qu'il était meilleur pour moi de réduire mon exposition.

Je pense qu'il est primordial dans la crise que je redoute et pour son patrimoine de détenir des actifs physiques. J'entends par là des biens immobiliers, des actions d'entreprise, éventuellement de l'or. La propriété, fondement cardinal de nos sociétés, sera plus respectée que des contrats immatériels qui ne sont que des engagements. Dans les grands bouleversements, qu'est-ce donc que la parole donnée? La monnaie est une créance sur les banques centrales. C'est un contrat. Les options, les achats-ventes à terme sont des contrats. En temps ordinaire ils sont respectés. En temps extraordinaire, l'histoire montre qu'on en fait peu de cas. Je n'ai, comme toi, aucune confiance dans les banques. Elles font n'importe quoi, persuadées que les régulateurs que sont les banques centrales et les états les sauveront de leurs déboires: too big to fail. Les banques françaises font pires encore que toutes les autres puisqu'elles sont quasiment les seules au monde à faire des prêts à taux fixes sur des emprunts immobiliers de très longs termes. Elles prennent donc un risque tout à fait non maîtrisé et aux conséquences terribles. Il est parfaitement envisageable d'avoir une défaillance totale du système bancaire français dans les 20 ans. Imaginons les effets sur les autres banques européennes. On ne parle pas des contrats optionnels que chaque banque prend l'une sur l'autre ou envers des tiers sur les marchés financiers. Les risques pris sont incommensurables.

Ça ne dit pas quoi faire! L'état protégera plus les dépôts que les contrats, malgré les lois récentes allant dans l'autre sens. Une ponction de l'état de 10% à 15% sur les comptes bancaires est envisageable. La perte reste légère. Si on en vient à cela la valorisation des actifs aura plus encore baissé. Je pense que si il y a grave crise bancaire l'état séparera ce qui se rapporte aux dépôts de ce qui se rapporte aux activités d'affaires. Si un contrat d'option de vente, une VAD, un OPCVM qui manipule des options n'a pas de contrepartie, et bien tant pis, il ne vaudra rien et sera rangé dans la partie des actifs pourris en défaisance. Ceux qui jouent la baisse ne s'imaginent, à mon avis, pas bien le risque de défaut de contrepartie qu'ils prennent.

Reste les actifs, le sujet de ta question. Je n'en vois pas vraiment de flagrant. De toute façon, si la crise se déclenche, on va suivre une logique de flux. La valeur fondamentale n'aura plus d'importance. On révisera les multiples et on courra après la stabilité. Une des anomalies de marché actuelle est probablement une des valeurs que tu as actuellement en portefeuille: Graînes Voltz. Elle parait clairement sous-évaluée. Déjà à 25€ et sans doute encore à 40€. Elle peut très bien monter à 80€ en peu de temps. Le problème est que si elle monte à ce niveau, il n'y aura plus personne alors pour la racheter. Elle redeviendra tout à fait illiquide et suivra les fluctuations en fonction de son développement économique qui est difficile à évaluer. C'est une valeur type exacompta, cife, gea, gévelot qui n'obéit guère qu'à une logique de mode passagère avec des courants de liquidité très faibles. Du point de vue opérationnel, elles ne sont pas exceptionnelles. C'est la gestion mégot de cigare ou value à la Ben Graham. Pour ma part, j'aime bien la tranquille et sage Almil. Son potentiel est assez limitée. Elle a un flux d'autofinancement honorable, des actifs immobiliers solides, des actifs immatériels (connaissance et techno) qui tiennent la route et reste à mon sens correctement et pas trop chèrement valorisés. Son potentiel baissier aussi me semble limité, je ne la vois pas tomber sous 30€. Il est vrai que les actifs immatériels qui font son flux d'autofinancement pourraient être remis en cause dans le temps. Bref, je n'ai pas de solution nette et évidente. C'est aussi peut-être un signe que les marchés sont bien valorisés!

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